[ espace de travail ouvert de alen corne ]

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Nous autres hommes communs aurons su la possibilité de s’étendre jusqu’aux confins de l’être. Au cœur de la matière inerte. Au cœur y compris de la matière qui n’est pas. De la matière inêtre. Que nous faisons en rêve. De la matière inêtre abstraite de nos rêves. Où nous n’existons pas. De cette matière abstraite  que nous évacuons en masse depuis nos viscères cervicales. En masse s’évacue de la matière inêtre de là où nous rêvons. De là où allons pour ne pas exister. Ne plus sentir l’être d’être hommes et toute cette extension qui tire sur nos confins et nous brise les os. Qui s’étend depuis nous.

Chaque jour on s’empare de la matière inêtre évacuée en masse pour en faire du pouvoir effectif. Pour effectuer de l’être. Chaque jour on dépose de la matière inêtre à ses points de collecte pour en alimenter l’homme humain collectif et sa puissance d’extension.

De la matière inêtre que nous sécrétons proviennent d’autres projets. Des voyages plus lointains qu’il s’agit encore de faire. Des aventures à forer dans la matière vraie. Nous n’aurons pas d’endroits pour s’échapper de nous-mêmes. Nous s’enfermons dans nos fuites et sommes pulsés plus loin.

Les aventures sont pénibles et difficiles à suivre. Elles se déroulent au loin. Dans la matière ouverte.

Dans toutes les dimensions humaines et autres l’homme humain s’est poussé. A fait son expansion. Vers le haut des étoiles et le fond des cavernes s’est poussé. Il a foré le ciel et piétiné la Lune. Il s’est porté plus loin pour ne trouver plus personne que soi. Que plus de vide encore. Le monde s’effaçait à mesure. Se retirait. Ceci s’appelle ‘empire’. Et porte bien son nom.

Mettre ce nom sur le monde l’efface. Lui donne le sens d’une conquête. Ses plus belles conquêtes l’homme humain les a toutes montées. A pesé sur leur dos jusqu’à l’équarrissage. A tout civilisé.

Mettre ce nom d’homme sur le monde comme un miroir pour s’endormir dessus. Un miroir où se mire ou s’enfonce ou va buter dessus. Le mur et le miroir sont des surfaces planes où on peut s’appuyer. Ca ne dit rien de plus.

Dans un coin de l’homme humain quelque chose a émis la pensée que peut-être on peut être enfermé dans sa propre expansion. Que peut-être aucune limite ne se trouve que la solitude d’être soi. Quelque part la pensée s’est émise qu’il vaudrait peut-être mieux que l’expansion s’arrête. Cette pensée ou une autre. Toutes les pensées existent en même temps. Elles existent toutes. On préfère certaines à d’autres. Certaines ne servent à rien on les laisse s’éteindre.

Forant le ciel les sols et sa solitude l’homme humain s’est étendu jusqu’au fond de soi. Cette saloperie à force de forer a trouvé la roche-mère la dure-mère de soi et l’a fissurée. L’a fendue. L’a débitée en blocs plus compacts et nombreux pour les vendre. L’a réduite au détail pour continuer à forer et en faire commerce. Sa propre roche sa propre mère. Quelle saloperie.

Ce faisant se poursuit ce travail impersonnel d’être soi. Plus encore d’être arrive. Procède à sa propre avancée. Pour se faire être soi. N’en sait rien. S’avance et se produit. Par ce travail impersonnel nous produisons les choses et nous produisons nous.