L’homme humain s’émiette. Il se déconstitue. Tandis que s’organise autour de lui l’emport des gravats. L’homme humain tente de se reconstituer. Rattrape comme il peut ses éléments épars. Les éléments morts de l’homme humain sont une matière première. Du remblai pour les routes. Imaginer d’autres usages. Mettre en place des filières. L’homme humain est un amas qui se désagrège. Ses constitutions se défont. L’ensemble manque de portance. De la difficulté de consolider l’homme humain. Pour le faire durer. De la persistance de l’idée d’homme humain au sein même de sa décomposition.
Il faut secourir l’homme humain l’aider à retrouver une assise plus stable. C’est la tâche de tous les ommes. Ainsi qu’il est dit : l’omme élève l’homme sur la masse des ommes. Leur somme se nomme umanité. L’umanité s’empile autour de l’homme humain. S’assemble. L’homme humain doit se maintenir par l’assemblage des ommes. Sa verticalité doit encore s’élever. Il faut. Rassembler les pièces éparses de sa constitution. Qu’il retrouve son emplacement et sa fière prestance. Et son élévation.
C’est un glissement de terrain. C’est un terrain glissant l’état de l’homme humain. Son état stationnaire mais instable. L’état de sa stature qui tend à s’affaisser. Son empire s’amoindrit. Quelque chose le mange. Il se sent menacé par le retrait de ses terres. Son empire pourtant. Sa frontière du nord venait se joindre à sa frontière du sud. Ainsi celles de l’est et de l’ouest. Il s’étendait par-dessus tous les ommes. Une seule umaine mondanité d’un seul tenant humaine. Ainsi le monde humain sans le monde étranger.
Plusieurs avenues partaient de sous les pieds de l’humanité de l’homme. Allaient le plus loin possible afin de se rejoindre en son centre. C’est-à-dire nulle part. C’est-à-dire sous ses pieds. Constamment irrigué par de nombreuses routes il étouffe cependant. On échoue à l’approvisionner constamment tandis que les gravats tombés viennent obstruer les routes. De la difficulté à faire passage. Plus de routes s’obstruent. Tandis que se désagrège.
L’homme humain n’a jamais vu jusqu’où allait son regard. Son regard allait aussi loin qu’il fallait pour pouvoir se rejoindre. Son regard voyait si loin qu’il voyait son regard. Sa cohérence était parfaite. Il connaissait son connaître. Se connaissant. Et cependant. S’affaisse. S’effrite. Tombe en blocs à ses pieds obstrue ses propres routes. Son regard contenant son regard finit par se brouiller. Craint disparaître.
Il y avait deux océans et quatre rivages. L’homme humain a bu les océans et rapproché les rivages. De sorte qu’une seule terre continue sous tous les ommes. L’umanité dessus. Il n’y avait qu’une terre plus d’étrangers du tout et toutes les routes se rejoignaient sous les pieds de l’homme humain. Le regard se voyait. Connaissait son connaître. Et cependant. Oscillait. Sa vue se troublait de vertige. N’avait plus rien à voir plus loin que son propre regard. Tombait en miettes que d’autres ramassaient.
